La micronutrition

Par Cécile Gragirena

Qu'est-ce que la micronutrition ?

Une approche scientifique de la nutrition, qui prend en compte les apports en micronutriments de chaque individu et ce, de manière personnalisée et participative. L’intérêt étant de corriger les diverses carences observées chez un individu, afin d’optimiser son état de santé, en prévention de maladies ou en accompagnement. Pour cela, une anamnèse approfondie (repas, mastication, digestion, état de santé...) et parfois des biologies d’investigations complémentaires sont menées, permettant d’établir avec précision le type et le niveau de carences, ainsi que le programme à mettre en place.

Pourquoi sommes nous carencés ?

Contrairement à ce qui est encore parfois avancé, l’alimentation actuelle ne couvre plus nos besoins, et ce, même si elle est équilibrée. Appauvrissement des sols dus aux techniques de cultures intensives, alimentation le plus souvent vide de nutriments ( céréales raffinés, fruits et légumes hors sol, forcés, pesticides, consommés hors saison…), déminéralisante (les excès de sucre en sont un exemple) et repas pris dans des conditions inadéquates ( stress, TV, ordinateur, en marchant, en parlant…) ; nous consommons aujourd’hui des calories vides.
D’autre part, nous avons oublié l’intérêt de la mastication, qui conditionne en grande partie la biodisponibilité des nutriments contenus dans ces aliments que nous mangeons. Ainsi, on peut manger les meilleurs fruits et légumes, si l’on ne mastique pas, on ne détruit alors pas la membrane des nutriments et nos enzymes digestives ne pourront accéder au contenu de l’aliment, c’est à dire aux vitamines, minéraux, oligo-éléments. Ces aliments que nous ne digérons pas par défaut de mastication sont tellement nombreux, qu’ils en viennent même à enflammer notre barrière intestinale, et à ne plus être reconnus par notre système immunitaire, qui va s’y attaquer. Le résultat en sera des allergies alimentaires, des hypersensibilités…. Et malabsorption des nutriments au niveau de la barrière intestinale.

Quels sont les signes d’une carence ?

Tâches blanches sur les ongles, stress, fatigue chronique, anxiété, maux de tête, ongles cassants, perte de cheveux, peau sèche, qui démange, un foie qui rame (langue blanche au réveil, bouche pâteuse, mauvaise haleine…) et beaucoup d’autres petits maux du quotidien qui passent inaperçus, car il n’est pas toujours facile de savoir les interpréter.

Quel est le champs d’action de la micronutrition ?

Il est large et touche à tous les systèmes, puisque c’est tout notre organisme qui a besoin de micronutriments pour fonctionner.

Quels sont les micronutriments ?

Contrairement aux macronutriments (glucides, lipides, protéines) qui apportent l’énergie nécessaire dont notre organisme a besoin pour fonctionner et qui ont un rôle structural, les micronutriments n’ont pas vocation à produire de l’énergie, mais ils sont absolument indispensables pour l’organisme. Sans eux, rien ne fonctionne, pas même la production énergétique !
On pourrait les qualifier d’aliments outils.

On trouve parmi eux :
- Les vitamines liposolubles (A,D,E,K) et hydrosolubles (celles du groupe B, C) : sans elles, la plupart des réactions biochimiques de notre organisme ne pourraient avoir lieu.
- Les minéraux : calcium, magnésium, potassium, sodium, phosphore sont les constituants principaux de nos os, tissus … indispensables à la vie de nos cellules de par leur rôle de coenzyme, leur apport en suffisance garantie l’homéostasie, c’est à dire l’équilibre dans l’organisme et notre état de bien être. Ex : la carence en magnésium = fatigue, anxiété, nervosité = rupture d’homéostasie. La plupart des enzymes ne peuvent fonctionner sans eux.
- Les oligo-éléments : iode, cuivre, fer, fluor, sélénium, cobalt, zinc, manganèse, molybdène… On les retrouve à l’état de trace dans notre organisme, mais ils sont eux aussi indispensables au bon fonctionnement de notre organisme, puisqu’ils sont des constituants de nos tissus, ils interviennent dans l’activité de nos hormones, dans certaines synthèses… Ils sont peu stockés, les apports doivent donc être réguliers.
- Les acides gras : (oméga 3, 6, 9) ont un rôle majeur au sein de l’organisme, en particulier les oméga 3, qui sont majoritairement anti-inflammatoires, fluidifiants et hypotenseurs, hypocholestéro-lémiants, indispensables au fonctionnement cérébral, mais assurant aussi la bonne fluidité de nos membranes, une fluidité essentielle aux échanges intracellulaires (communication entre les cellules).
- Les polyphénols, flavonoïdes, caroténoïdes : ces composants naturellement présents dans certains aliments jouent un rôle anti-oxydant majeur important dans la prévention de certaines maladies et donc du stress oxydant. Ex : la genistein du soja, un flavonoïde. Les caroténoïdes des fruits et légumes oranges, les polyphénols du vin rouge, comme le resvératrol…
- Les acides aminés : ils sont au nombre de 20, mais seuls 8 sont dits essentiels, ce qui signifie qu’ils doivent absolument être apportés par l’alimentation, puisque notre organisme ne sait les synthétiser. Ils jouent un rôle structural, et sont précurseurs de nombreuses hormones. Ex : pas de dopamine, noradrénaline sans tyrosine ; pas de sérotonine sans tryptophane…
- Les probiotiques : les probiotiques sont des micro-organismes, qui se développent en fonction du type d’alimentation de chaque individu, au niveau de la barrière intestinale. En concentration suffisante, ils ont un effet bénéfique pour la santé. Il est aujourd’hui reconnu que leur carence est le reflet d’un microbiote appauvri, déficitaire, en lien avec de nombreuses maladies de civilisations (obésité, dépression, endotoxémie métabolique, risque cardio vasculaire…). Ex : tous les produits fermentés type olives, cornichons, choucroute, kefir de fruit, de lait, yaourts, miso, tamari...
- Les prébiotiques : quant à eux, permettent la bonne croissance des bactéries amies (probiotiques), puisqu’ils leur servent de nourriture. Leur apport est absolument nécessaire via l’alimentation, et son le garant d’un microbiote riche et sain. Ex : ail, asperge, topinambour, les amidons résistants de la pomme de terre froide (uniquement), oignons, carottes, poireaux (attention à l’intolérance aux fodmaps).

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